Les sens occupent une place majeure dans le fonctionnement de notre vie. Ils nous mettent en relation immédiate avec notre univers, c’est grâce à eux que l’on connaît le monde qui nous entoure. L’ouïe, l’odorat, le goût, le toucher et la vue sont les cinq sens que possède l’homme pour détecter le monde et mieux le comprendre. Aussi, l’expression, « reprendre ses sens » représente-t-elle bien une personne qui reprend connaissance du monde qui l’entoure !
Tout d’abord, si une personne perd l’ouïe, un fil essentiel se dissout et elle n’est plus en contact avec la logique de la vie, car tout ou presque tout peut produire un son. Ces sons épaississent le ragoût sensoriel de notre vie. L’odorat, quant à lui, est devenu avec le temps, le moins nécessaire de nos sens. Il nous semble si naturel que toute chose ait une odeur que nous ne nous en rendons même plus compte. Heureusement, il seconde aussi activement le goût. Nous sentons souvent avant de goûter et cela suffit à nous faire saliver. Le goût est un sens intime car nous ne pouvons goûter de loin, mais il est aussi un puissant élément social. Par exemple, nous prenons nos repas en famille et beaucoup d’événements se produisent ou se terminent par un repas ; mariages, anniversaires, dîner d’affaires. Le toucher, pour sa part, nous enseigne avec les yeux que nous vivons dans un monde en trois dimensions. Il est aussi responsable d’exprimer la douleur qui se rattache au toucher sensoriel, car c’est notre peau qui lui sert de cadre. Par contre, pour ce qui est de la sensation de contact, celle de notre gilet par exemple, au bout d’un moment, les récepteurs tactiles « s’adaptent » et c’est ce qui fait que nous n’en avons plus conscience. Et que dire de la vue, sinon que nos yeux sont les grands monopolisateurs de nos sens. Le monde n’a vraiment de saveur que lorsque nous l’absorbons par les yeux. Pour goûter ou toucher, nous devons nous tenir près de la chose visée et, pour sentir et entendre, il faut aussi se tenir à une certaine distance, mais la vision, elle, peut se précipiter à travers champs et au sommet des montagnes.
Voir, toucher, goûter, sentir et entendre, c’est d’abord désirer et jouir de la vie. Le désir est l’absence, le manque d’un délice que l’on voudrait consommer. Ainsi, l’odeur d'une cerise nous la fait désirer et nous jouissons par sa dégustation. Si nous regardons sur le plan sexuel de l’homme, nous comparerions son érection au désir et son éjaculation à la jouissance. N’est-ce pas là ce que nous appelons « la petite mort » ? En effet, la jouissance est bien une mort, la mort du désir. Peut-être est-ce une des raisons pour lesquelles les chevaliers prônaient l’amour courtois, sans rapports sexuels, sans jouissance charnelle pour ne jamais mettre terme et achever leur désir. « Qu’il est doux de rester longuement devant l’objet de ce désir, au lieu de mourir en allant jusqu’au bout, jusqu’à la jouissance » (Mme Annie Leclerc)
De plus, celle-ci a émis une théorie selon laquelle elle divise les sens selon notre sexe : « pour l’homme, la vue = désir et l’ouïe = jouissance. Et enfin, pour les deux, le toucher ». Cela n’est qu’une hypothèse bien sûr, mais il est amusant, tout de même, de remarquer les intérêts des deux sexes. Par exemple, pour l’homme, son attirance marquée pour la lingerie et les effeuilleuses se rattache à la vue, son désir et son goût pour le cunnilingus, sa jouissance. Pour la femme, son penchant pour les parfums d’hommes et la volupté des mots d’amour chuchotés à son oreille montre bien son odorat = désir et son ouïe = jouissance.
À la suite de cela, il est bien facile de démontrer la relation entre la parole et nos sens. La faculté naturelle de parler est stimulée par nos organes percepteurs et le désir qu’ils apportent. Notamment, un enfant essaiera de parler pour exprimer ce qu’il veut, ce qu’il désire. Lorsqu’on lui présente un hochet rouge, le bruit et la couleur attirent l’attention de son ouïe et de sa vue en lui donnant envie de toucher l’objet. Peu après cela, en grandissant, l’être humain apprend à utiliser ce don de la parole pour exprimer ce qu’il ressent face à son environnement ; la beauté d’un coucher de soleil, la douceur du vent sur sa peau, le goût acide du citron, l’odeur réconfortante d’une soupe chaude et le sentiment de calme en entendant une symphonie de Beethoven.
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saviez-vous?
Le mot pupille vient du latin pupilla «petite poupée», car quand les Romains regardaient dans les yeux d'une autre personne, ils y voyaient un reflet d'eux-mêmes, pareil à une poupée. |